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Le Niger organise des élections historiques malgré les attaques djihadistes

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Les électeurs se sont rendus dimanche aux urnes au Niger pour une élection qui pourrait sceller une première passation de pouvoir pacifique entre les présidents élus, sur fond d'insurrection djihadiste sanglante.

Le pays d’Afrique de l’Ouest, instable depuis son indépendance de la France il y a 60 ans, est classé parmi les pays les plus pauvres du monde selon l’indice de développement humain de l’ONU.

Environ 7,4 millions de personnes se sont inscrites pour voter lors du scrutin présidentiel, qui a coïncidé avec les scrutins législatifs.

«J'attends du président nigérien qu'il fasse passer la sécurité, la santé, le progrès et la démocratie avant tout», a déclaré à l'AFP Aboubakar Saleh, blanchisseur de 37 ans, à Niamey, la capitale, sans dévoiler son choix parmi les 30 candidats.

Issaka Soumana, un chauffeur de camion de 52 ans, a déclaré qu'il voulait du changement.

«Le Niger n'avance pas. Notre pays doit se relever », a-t-il dit en brandissant son pouce taché d'encre pour montrer qu'il avait voté.

Le président Mahamadou Issoufou, qui a été élu en 2011 après le dernier coup d’État du pays en 2010, se retire volontairement après deux mandats de cinq ans.

«C'est une journée spéciale pour le Niger qui connaîtra pour la première fois de son histoire une transition démocratique», a déclaré Issoufou, 68 ans, après avoir voté à la mairie de Niamey.

Il a noté que le vote de dimanche était le premier auquel il n’avait pas participé depuis trois décennies dans ce pays à majorité musulmane.

Dans certains bureaux de vote de Niamey, les électeurs ont veillé à ce que les hommes et les femmes forment des files d'attente séparées pour voter.

Le favori est le successeur désigné d’Issoufou, Mohamed Bazoum, 60 ans, ancien ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

«C'est une grande fierté que cette date du 27 décembre ait été respectée», a déclaré Bazoum après le vote.

Il a fait campagne sur les promesses de mettre l’accent sur la sécurité et l’éducation, en particulier pour les jeunes filles dans un pays où le taux de fécondité est le plus élevé au monde – 7,6 enfants par femme.

"Un coup après l'autre" Le chauffeur de taxi Saddam Mani Kane a déclaré avoir voté pour Bazoum, déclarant: «Avant, c'était un coup après l'autre. Maintenant, la démocratie continuera. Nous devons poursuivre la politique (d’Issoufou). »

Le principal rival de Bazoum, l’ancien Premier ministre Hama Amadou, a été empêché de contester le vote au motif qu’en 2017, il a été condamné à une peine de 12 mois de prison pour trafic de bébés – une accusation qui, selon lui, était bidon.

Parmi les candidats se trouve Ibrahim Yacouba, un ancien ministre des Affaires étrangères arrivé cinquième en 2016. Il a exclu une victoire au premier tour, déclarant à l'AFP par téléphone: «Le niveau de frustration des Nigériens annule toute chance de coup de grâce. Il y aura un deuxième tour. »

«Cette campagne a été massivement corrompue par l’argent du parti au pouvoir», a-t-il déclaré après avoir voté à Birnin-Lokoyo, son village du sud-ouest. "Je suis très inquiet parce que cela … pourrait affecter les résultats."

Parmi les autres candidats figurent les anciens présidents Mahamane Ousmane et Salou Djibo, l'ancien Premier ministre Seini Oumarou, l'ancien Premier ministre par intérim Albade Abouba et sept anciens ministres.

Leur âge moyen est supérieur à 60 ans, contre une moyenne nationale d'environ 16 ans.

La campagne a été éclipsée par l'insécurité – le Niger est battu par les djihadistes à sa frontière sud-ouest avec le Mali ainsi qu'à sa frontière sud-est avec le Nigéria.

Une insurrection jihadiste qui s'est répandue à travers les frontières au Burkina Faso, au Mali et au Niger a coûté la vie à quelque 4 000 personnes l'an dernier à la suite de la violence djihadiste et du bain de sang ethnique suscité par les islamistes, selon l'ONU.

Au Niger même, des centaines de personnes sont mortes au cours des cinq dernières années et des centaines de milliers ont fui leurs maisons.

L'économie, déjà fragile, a subi des coups dévastateurs.

Environ 42% des Nigériens vivaient l'année dernière avec moins de 1,90 dollar (1,56 euros) par jour, selon la Banque mondiale, tandis que près d'un cinquième de sa population croissante de 23 millions d'habitants dépendait de l'aide alimentaire.

L’armée a été massivement déployée pour le vote de dimanche, ont indiqué les autorités.

Les bureaux de vote fermés à 19 heures (18 h 00 GMT), sauf ceux qui restent ouverts pour compenser les retards, afin qu'ils assurent 11 heures de vote.

Les résultats partiels de l'élection présidentielle devraient être annoncés lundi, les décomptes définitifs mercredi ou jeudi.

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